Les échoués

De ce port, je ne connaissais en tout et pour tout, avant d’y aller, que cette chanson grivoise. Comme univers décalé à ce que j’allais y découvrir, on ne pouvait pas faire tellement mieux…

Il ne faisait pas très très beau. Quoique, en fait, au vu de ce qui nous est tombé dessus ensuite, on peut dire que le temps était superbe! Mais finalement d’ailleurs, cette météo s’accordait vraiment bien au port et a participé à mon gros coup de coeur. La série que je vais vous dévoiler est assez longue, car quand j’aime, ce n’est jamais sans une certaine générosité.

Arrivées au début du Port, mon attention a été tout d’abord bien occupée par des mouettes. Actives, elles volaient assez proche de nous, et je n’ai pas résisté à les « croquer ».

Un peu plus loin, il y avait une barque verte qui a su capter mon attention, et retarder encore ce qui serait mon très gros coup de coeur de l’été. Je n’ai pas vraiment su la photographier, bien qu’ayant multiplié les essais.

Plus loin, de l’autre côté, il y avait comme une allure de station balnéaire de la Méditerranée. Bon, plutôt l’hiver, au vu de l’absence d’êtres humains sur le sable…

Et puis ils furent là. Les échoués. Je les ai reçu en plein coeur, en plein ventre. Fiers et abîmés. Ecorchés vifs, ils semblaient encore menaçants par ces panneaux de danger.

Quelle maladie les a conduit à gémir, grincer et craquer, ainsi, auprès de l’océan? Ils me mangeaient le regard, le beau avait disparu. Je ne voyait que leur gangrène et le malheur qui les faisait agoniser ainsi, longuement. Leurs cordages pendaient mollement.

Je me suis éloignée à regret. Je n’avais même pas réalisé que nous serions obligées de revenir sur nos pas, et donc, nécessairement de les retrouver à nouveau.

Au retour, j’ai découvert un peu plus certains de leurs maléfices. Il y avait des becs crochus, et des cordes menaçantes.

J’ai même croisé une formule d’un grimoire écrite nonchalamment par un magicien sombre, et une sorcière sur son balai.

Le temps qui passe pétrifie lentement les échoués, ils deviennent peu à peu des pierres verdâtres et malades comme le sol.

Au retour, les échoués m’avaient ensorcelés, c’était évident. Et j’ai même, enfin, pu réussir à prendre alors correctement cette barque verte, prisonnière du Port et de l’eau.

12 réflexions sur “Les échoués

  1. J’aime beaucoup cette série, très poétique. Une belle méditation sur l’épaisseur du temps, sa présence

  2. Merci Corinne. Je les aime ces bateaux, et ces moments furent un des délice de mon été 2012. 🙂 Visiblement, cela se ressent. C’est beau, ce n’est pas systématique.

  3. Cette série est absolument magnifique… saisissante !
    Je passe et je repasse au gré de mon dimanche, juste pour le plaisir.

  4. c’est très beau. les textures, les couleurs, les plans serrés sur les détails rendent bien la poésie du lieu.

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