Autour d’ « Avoir les pieds sur terre »

Beaucoup de personnes de mon entourage apprécient ce projet d’ « Avoir les pieds sur terre » que je mène depuis février 2013. Aussi ai je décidé de vous parler un peu plus longuement, dans au moins deux articles, de ce que j’y découvre avec le temps.

Comme je le raconte ici, cet ensemble de photo n’est pas issue d’une décision mûrie, d’un projet choisi en amont: c’est une graine de jeu qui a germé et que j’ai décidé de développer au moment où il m’a semblé plus impératif, plus nécessaire et plus opportun de chercher à créer des projets sur une durée afin de progresser en photo.

En vacances
En vacances

Mes jeux photographiques se sont inscrits rapidement dans mon quotidien; la photo m’aide à mieux regarder mon univers, ce qui m’entoure, à savoir appréhender de la beauté, de la poésie, un intérêt renouvelé à la vie quotidienne et à sa routine. C’est une façon pour moi d’essayer et de parvenir à regarder chaque jour d’un oeil neuf. Cela me rend plus supportable la lenteur du quotidien et cet aspect (que je trouve difficile) qu’il arrive finalement peu d’inattendu dans la plupart de nos journées, et que, de plus, quand l’inattendu pointe son nez, c’est rarement pour nous apporter l’espéré.

Dimanche estival
Dimanche estival

C’est un aspect de l’existence qui m’est difficile, je n’en fais pas mystère; et que j’ai surmonté grâce à la création artistique. L’écriture, les collages et depuis plus de 3 ans la photographie m’offrent un espace de liberté où tout est possible, où tout peut arriver; dans la musique je m’exprime mais mes espaces de créations personnels ne s’inscrivant pas dans un cadre professionnel, je me sens absolument libre car je n’ai rien à prouver; je peux inscrire de la nouveauté là où le temps qui passe me parle plutôt de la permanence et de la difficulté à faire évoluer ce qui compose notre vie. C’est une respiration et un oxygène qui m’est indispensable depuis désormais presque 15 ans que celui de créer, et c’est là encore un aspect particulièrement enrichissant et nécessaire pour mon équilibre.

Expression du bitume (4)
Expression du bitume (4)

J’ai été une élève studieuse et organisée en musique, et j’ai exploré très différemment mes autres modes d’expressions artistiques, m’offrant un champ très dégagé, en laissant mes chemins intérieurs se structurer (ou pas) par eux-mêmes. Ce n’est que du plaisir, et j’aime surtout progresser à ma vitesse et non à une vitesse imposée comme j’ai dû le vivre en musique.

Etre à côté de ses pompes...
Etre à côté de ses pompes…

 

C’est ainsi qu’au détour de deux photos et de quelques phrases d’une enfant qui m’est chère mes pieds se sont imposés à moi comme point de départ à une certaine exploration photographique de mon univers. Je n’ai pas particulièrement d’affinités avec cette zone de mon corps, mais là, de fait, un des intérêt de ce sujet était que je l’avais toujours avec moi, comme mon appareil photo.

Emprisonnés
Emprisonnés

J’avais imaginé au départ que les photos allaient parler des saisons, et puis ci et là de ce qui peut s’inscrire dans des évènements du quotidien.

Printemps neigeux, printemps heureux...
Printemps neigeux, printemps heureux…

De fait, ce n’est pas si simple. Il existe des chaussures plus photogéniques que d’autres, si je puis dire, et je rencontre avec certaines des difficultés que je n’avais pas imaginé. Ainsi, j’ai eu une paire de chaussures noires qui m’a posé régulièrement des problèmes en apparaissant si souvent tellement sombre, si peu définie que bien des photos réalisées n’ont pas investi la galerie d’ « Avoir les pieds sur terre ».

Arrière-saison
Arrière-saison

Et puis moi qui suis plutôt du genre à marcher le nez au vent, quelle surprise de découvrir tant de vie au sol!! Je ne pensais pas que le bitume pouvait être si chargé de petits clins d’oeil ou de tag. J’ai pris goût ainsi à faire découvrir ces expressions du bitume.

Divagation
Divagation

Ainsi, au gré des découvertes du sol et des problèmes rencontrés, j’ai abandonné l’idée d’une galerie où les instantanés de pieds s’inscrivent dans une succession temporelle. J’ai quitté progressivement ce que j’avais mis en place avec les 2 projets 52 poursuivis en 2012 puis 2013, ne gardant que l’habitude régulière de faire des photos dans la semaine. D’autres idées par contre sont arrivées et se sont développées dans cet ensemble de photos.

« Avoir les pieds sur terre » a commencé alors à vivre avec son univers à lui.

Qu’en pensez-vous? Et pour vous, quels chemins prennent votre imaginaire pour se structurer, comment vos projets prennent forme?

9 Comments

  1. Un projet parti d’une idée toute simple et superbement réalisé. De mon côté, j’ai 1-2 projets en cours depuis quelques mois. Je partage de temps en temps une photo mais sans dire qu’elle fait partie d’un projet plus vaste. Ce sont des séries de photos parties d’idées toutes simples mais qui vont aboutir dans plusieurs années je pense (2-3 ans peut-être plus); je ne travaille pas sur ces séries à chaque sortie et parfois elles sont de côté plusieurs semaines. Bonne continuation à toi.

    1. Merci P1xel de ton passage et de ton partage. C’est intéressant de voir comme nous construisons tous nos projets avec « notre » patte, « notre » façon de voir, d’organiser. Le temps, dans ce genre de travail est une aide et à la fois un obstacle; A suivre, quoi… 😉

  2. Exactement comme je suis… Pas de projet, jamais, car je désenchante trop vite. Ce qui me stimule, c’est l’improvisation pure. Quand je pars faire de la photo, habituellement, je ne sais pas exactement où je vais. Et c’est dans ces conditions que je suis stimulé et que j’apprends le plus.

    À la découverte!

    Merci pour ce partage!

    1. Moi j’essaye de doser impro et construction, et euh, bon. Y’a les jours où je trouve que je dois plus improviser, et les autres où plus concevoir!!!! Hahahaha!!! J’admire cette confiance complète du laisser-faire, de l’improvisation: je n’en serais pas capable à 100%.

  3. Jérôme

    Il y a des projets qui sont faits pour être abandonnés et ceux de mon blog en font clairement partie… 🙂 Du coup, c’est de l’improvisation totale mais comme les mêmes idées repassent dans ma têt, cela finit par donner l’impression d’une cohérence à l’ensemble, non?

    1. Je te trouve dure avec ton projet de blog… C’est une démarche de longue haleine qui n’est pas aisée à maintenir dans le temps, et le tien se maintient. On est pas toujours les meilleurs chaque jour, mais moi je trouve que tu as ton sylve; et puis tu cherche. Et effectivement, à force, il se dessine des tendances. 🙂

  4. J’aime bien cette série et je pense aussi que « les pieds sur terre » sont aussi l’image d’un chemin que l’on parcourt, à l’instar de la poésie qui accompagne si bien ces belles photos. Alors : longue et belle route à eux !

  5. J’aime beaucoup la série. Et je trouve aussi que se donner un projet photo, ça permet d’ouvrir ou de rouvrir les yeux sur un quotidion auquel on ne prête plus vraiment attention une fois la routine installée… 🙂

    1. Absolument: rien que pour cette facette, j’aime mes pieds sur terre. Ils rendent ma vie plus malicieuse.

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