8. Il pleut

8. Il pleut: et si on prenait le même lieu, mais dans des conditions météos complètement différentes : par exemple, il pleut…

Les caniveaux du centre ville peuvent être pleins d’eau sans pour cela qu’il ne pleuve, à Marseille. D’ailleurs, pleut-il vraiment à Marseille? L’eau s’invite le plus souvent partiellement, rapidement, discrètement, parce qu’il le faut bien de temps en temps. Lorsqu’il pleuvait dans la maison au jardin, il lui revient que les gouttes semblaient sauter sur le sol, s’immisçaient plus ou moins dans la terre, entraient difficilement en elle. Et cependant le jardin était riche en arbres et en plantes. Donc cela marchait, néanmoins. Elle croit, il lui semble bien, qu’elle n’avait même pas de parapluie quand elle vivait dans la cité phocéenne. On essaye plutôt de se protéger du mistral que de la pluie, là-bas. Avec les voitures, d’ailleurs, elle l’a constaté: plus souvent à conduire en tenant tête au vent qu’à tracer la route malgré la pluie. Le sirocco quand même assez souvent décore avec son sable les autos, et ce sable qui traverse la Méditerranée a peut-être nourri et contribué à la finesse de la terre du jardin. Bien plus tard, ailleurs, elle constatera qu’elle change ses essuies-glaces tellement plus souvent que lorsqu’elle vivait à Marseille! Ailleurs elle achètera un manteau pour se protéger de la pluie. Ailleurs il y a eu cette petite pluie fine —un peu plus grosse qu’en Bretagne, certes— mais qui est bien trop fréquente pour les gens issus du Sud, cette pluie fine dont elle ne se méfiera pas assez, et qui trempe vraiment malgré son apparente légèreté. Verte Touraine… pour sûr! Pas de souvenirs d’avoir eu les cheveux mouillés de la pluie légère de Marseille. Et pourtant l’eau coule, galope même, et ricane dans les caniveaux, le matin, à la Plaine. Et l’on voit des palmiers liquides rieurs qui s’élancent au coin des rues du quartier de son enfance. Souvenirs de choix de plantes qui demandent peu d’eau pour le jardin. Peu de souvenir par contre, de l’eau du ciel, vraiment; surtout de ciels bleus éclatants, trop fiers, sans nuages. Mais à Marseille, il y a surtout le mistral. Mais à Marseille il y a les caniveaux du centre ville qui sont de petits torrents qui rigolent et nettoient la rue les jours de beaux temps.

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