12. Intérieurs extérieurs

12. extension de la précédente, encore un lieu décrit de l’intérieur, et lieu à usage public, mais cette fois lieu de traverse ou déambulation.

Sa porte préférée pour y entrer c’est par la Canebière. Puis elle traverse le grand magasin et son espace pour femmes, rayon cosmétiques et parfums. De tout pour embellir l’oeil, les sourcils, le teint, les lèvres, les ongles… On y croise aussi tout plein de « sent-bons » avec leurs ambassadrices derrière leurs stands de marques. Il faut tracer au milieu de ceux qui essayent, hésitent, demandent, échangent, achètent. Il faut traverser ce lieu malgré ceux et celles qui l’encombrent car elle sait où elle veut aller. Ensuite sortir du rez de chaussée de ce grand magasin pour arriver dans la galerie commerciale où l’on trouve comme en rang d’oignons — bien rangés, bien droits, pas un brin d’originalité qui dépasse— d’autres lieux de ventes, d’achats. Une sorte de lotissement de magasins à l’intérieur de la ville avec ses rues, ses plans de circulation et ses boutiques rien que pour s’offrir, offrir, acheter, consommer, avoir envie de même si pas besoin. Des lumières électriques. Du bruit, des sons: un grand mélange de paroles, de rires et de pas réalisé par tous ceux qui passent, traversent, arrivent, reviennent, repartent. Des enseignes de magasins sans aucune originalité, bien sûr. Des escalators car il y a au moins un étage, (peut être même deux? ) où l’on peut passer ainsi des Galeries Lafayette à la galerie du Centre Bourse. Avant la Fnac, des toilettes payantes et sales, avec une musique insipide qui tourne en boucle. Rien de bien exceptionnel ici, sauf pour celui ou celle qui sait. Et elle sait.

Comme par magie, soudain, un jardin. Des fortifications. Un bout de mur, le reste d’une tour. Une voie dallée en pierre de cassis. Un bassin d’eau douce et même l’ancien port: nous voici arrivés à Phocée, 2 siècles avant Jésus-Christ, juste après Marrionnaud. Quelques oiseaux chantent. Peu de monde ici. C’est l’endroit du silence et de la contemplation. Il faut le savoir, le vouloir pour arriver en ce lieu décalé, pour arriver en ce passé improbable qui surgit brutalement au coeur d’un temple de la consommation. Ici le temps est arrêté, on peut méditer. Derrière le jardin clos, de beaux et vastes immeubles du dix neuvième siècle surveillent, hautains, leur aïeule : la grecque Marseille. Ce lieu est un croisement temporel improbable: derrière: les magasins d’aujourd’hui. Devant: le jardin et l’antique. Au loin, au dessus des grilles du jardin: les immeubles bourgeois façon « Hausmann avé l’accent ». Un coin de la ville avec un métissage incroyable de bâtiments. Jusqu’à ce que le Musée d’Histoire de Marseille soit construit, dans son souvenir elle pouvait y accéder directement: c’était encore plus magique, encore plus étonnant, dépaysant. Au bout d’un certain temps de contemplation et de visite, revenir dans la galerie. Penser alors à peut être profiter de la promotion sur le rouge à lèvre nacré.

Et pour connaître les autres propositions des autres contributeurs, c’est ici.

2 Comments

  1. Voilà qu’en lisant, j’ai vu « une voie lactée en pierre de cassis ». Et j’ai souri. C’était dallée, bien sûr. Or, pour l’une et pour l’autre, la voie m’a paru belle… serait-ce la tendresse des mots?

    1. Absolument. Bien sûr. 😊

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