15. Le je qui tu

15. le je qui tu une des silhouettes ci-dessus évoquées, en tout cas un personnage extérieur au narrateur initial, l’apostrophe et vous avez à situer vous-même de l’extérieur ce narrateur qui parlait pour vous : on parle dans un je extérieur à soi-même 

J’ai vu que tu me regardais la fille au chien j’ai bien vu que tu me regardais oui oui avec ton chien ne crois pas que parce que je fais les poubelles comme ton chien je ne vois rien au contraire mon oeil est bien aiguisé —nécessité oblige—et j’ai reconnu cette infime hésitation quand tu as tourné la tête qui raconte dois—je—éviter—faire—comme—si—elle—n’était—pas—là ou ne—pas—craindre—ce—que—je—vois ne pas fuir la gêne la tristesse la peur l’impuissance AH AH AH envie de crier quoi j’ai envie de te parler violemment à toi qui a encore la peau fraîche et douce toi qui porte encore de ton enfance sur le visage et par ton chien moi mon enfance est morte au fond de la rue ou d’une poubelle c’est peut être ce qui me rend sans âge et heureusement je suis moins une proie ainsi pour les hommes de la rue crois moi au début c’était pas très drôle devrais peut être prendre un chien mais j’aime pas les chiens toi tu as un chien et tu parle avec l’homme au chien qui te montre comment son chien grimpe sur l’arbre fait bien le coq avec toi l’homme au chien ma poule et moi ça me fait rire AH AH AH ça te fait triste l’homme en costard qui est passé avec son air dégoûté je le vois p’tite mignonne mais je pue que veux tu même sans mes odeurs de pipi je pue je pue la misère la tristesse l’inconnu de la rue la déchéance ça pue et quand on pue on dégoûte c’est ainsi que veux tu je montre la merde de l’existence l’autre côté de la vie et les gens veulent ignorer — sauf quelques uns peut être — regarde ou écoute bien ma façon de dire au monde je vous emmerde ça vous dérange tant pis pour vous c’est de prendre l’espace par mon odeur j’existe encore par mes odeurs et toi et moi et ton chien nous finirons pareil ma vieille au fond du trou qu’est ce que tu crois

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici.

4 Comments

  1. Fort, ce texte !

    1. Merci Philippe. Je me suis demandée si je n’enfonçais pas des portes ouvertes, mais là je sens que je suis bien moins dans le contrôle de ce que j’écris aussi j’ai arrêté ma petite voix du censeur impitoyable et après l’avoir travaillé, hop! Envoyé puis posté ici. J’ai trouvé le bon rythme pour l’atelier et mon moment d’écriture (c’est maintenant. 😀 ) et bref, tout cela fait son travail. Je me régale et suis bien déterminée à aller jusqu’au bout du défi. Bon sur ce… la 16 me donne du fil à retordre, aussi j’y vais…

  2. wow… et ouf, le coup de poing… tu fais bien de faire taire le censeur, Cécile… continue de nous régaler… en te régalant… la liberté et l’ouverture sont franchement palpables dans ce texte…

    1. Merci beaucoup Caroline de ton retour: suis bien contente de sentir que mon évolution se perçoit. Un des intérêt de cet atelier: se bousculer, sortir de nos sentiers d’écritures habituels. À bientôt, je relis ma 17 avant de l’envoyer… 😉

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