17. La notion d’obstacle

17. jusqu’ici, le narrateur n’a jamais interagi avec le réel dont il fait récit : et si on retrouvait trois épines, fissures, cassures, événements hors de sa volonté propre, trois fois où ce réel a littéralement fait obstacle au narrateur ? –- une autre manière alors d’entrer en rapport avec le fragment de ville à la source du récit

Retour au jardin. C’est le temps des confitures. Le figuier vert, celui qui est devant la maison cette année-là est vraiment superbe. Il a fait tellement de fruits cet été! Elle est fière de voir le jardin s’épanouir, elle y voit le fruit de son travail acharné. Elle tourne les figues dans le confiturier, elles marinent avec le sucre et puis aussi de la vanille. Bientôt elle aura trop chaud car cela sera le temps de la cuisson et aussi celui des pots que l’on ébouillante. Bientôt elle en aura marre de tourner la cuillère même si c’est si bon après mais elle tient toujours jusqu’au bout malgré la chaleur dégagé par la cuisson. En attendant, tout ça marine et il est temps d’aller relever le courrier. C’est l’époque aussi de la facture d’eau. Justement, elle vient d’arriver. L’enveloppe est vite ouverte, et là elle perd son sourire. Ses yeux s’agrandissent énormément, autant que le chiffre qui est écrit en bas, bien supérieur à celui de d’habitude, et qui raconte un nécessaire problème. Plus tard, viendra le technicien; il trouvera la fuite, dans le jardin, tout près du figuier. Il pouvait être beau, s’être épanoui cette année, la canaille!!! En riant, bien plus tard, elle évaluera le prix réel de chaque pot de confiture de figues, si nombreux cette année-là.

Un autre jour, elle est dans le jardin, il fait beau, c’est certainement le printemps. Un jour parfait en tout cas pour tailler. Le sécateur est dans la main droite. Peut être une autre époque, une autre année ou bien le même printemps. Un geste un peu trop engagé, ou mal évalué. Tout va toujours si vite: difficile de savoir ce qui s’est vraiment passé. Elle n’a jamais vu son agresseur. Il est entré dans la voiture, la vitre était ouverte, l’auto dans le jardin. Le sang qui coule sur le doigt de l’alliance, pas passé loin de la cata, mais ce n’est que la chair du doigt qui sera un peu tranchée. Ça s’est passé dans la voiture. Le bras a beaucoup gonflé et ça fait mal. Plus que le doigt taillé. Quelques points. Deux, je crois. À la pharmacie ils ont dit peut être une guêpe ou un frelon. Le dard ne sera jamais retrouvé. Elle a toujours la trace de la maison au jardin sur son doigt désormais.

Et pour connaître les autres propositions des autres contributeurs, c’est ici.

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