26. Révélation

26. remonter à la première expérience, pas forcément sur le lieu du récit, que cela remonte à l’enfance ou à un voyage, où la ville soudain nous soit apparue comme concept

Nombreux. Lignes. Vaste. Anonymat qui fait du bien. Pouvoir être, se promener seule sans que quelqu’un te salue ou t’observe. Tellement plus d’inattendu au coin de la rue. Tellement de temps pour aller d’un endroit à l’autre, pour aller voir ou revoir tel ou tel ami: tant de visages de la ville que c’en est troublant, enivrant. Ici prendre le temps ou traverser l’urbain est forcément différent. La ville est tentaculaire, en fait. Elle s’étend et comme une entité vivante elle a grignoté le lieu où elle s’est installé, a façonné lentement ses entrées sur la mer ou la terre, a tourné le dos aux massifs pas si loin, a avalé les villages proches, méthodiquement, progressivement. Impression qu’ici ça ne fait pas partie de la ville, alors que pourtant, bien sûr, si La séduction dangereuse de cette cité où il fait chaud, froide pourtant, et dangereuse par ces faux-semblants. Ambigüe. Bruit, vitesse, tram, bus, métro, embouteillages. Vitres brisées. Oiseaux qui rient. Que penser. Agité! Marcher dans la ville. Marcher sans but, pour regarder, pour le plaisir de traverser les quartiers, pour découvrir un aspect de la ville qu’on connaît moins, pour retrouver, pour comprendre, pour observer, dénicher, pour photographier, pour pleurer, pour le plaisir de simplement marcher. Pour rêver. Pour se détendre. Parce que c’est grand, trop, parce que c’est bruyant, énormément. Parce qu’il y a des murs, beaucoup, des friches, des zones à détruire et à reconstruire. Parce que c’est en mouvement, tout le temps. Parce que ça parle à l’imaginaire, au devenir. Parce que le territoire s’étend, grignotant. Parce qu’on a envie d’aller au bord de la mer. Parce qu’il semble que demain sera forcément différent. Parce qu’il semble que la rencontre est encore possible, même maintenant. Même si les gens ne se parlent pas forcément. Parce qu’il y a des grues, des containers et un port autonome. Parce qu’on ne sait plus dans la ville si l’herbe est sèche ou non à cause du soleil par l’odorat: parce que les gaz d’échappements sont tellement présents. Voyage au centre de la ville. Parce qu’il y a encore des trains, ici. Parce qu’ici il n’y a pas de vaches. C’est sûr, après quelques années à vivre dans un endroit plus loin, bien plus petit et plus calme —voire trop— elle a découvert la ville autrement. Une autre relation à l’urbain, au bitume, au plus grand. Ça s’est révélé un jour soudainement à Marseille, mais à Saint Etienne ou Paris elle y pense aussi.

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici.

2 Comments

  1. Qu’il est beau, ce texte, Cécile.

    1. Merci beaucoup Caroline. Je suis ravie de suivre cette aventure d’écriture: elle me fait beaucoup de bien, et m’a donné envie de reprendre mes « fragments ferroviaires » que j’envisage avec de nouvelles idées. C’est une astreinte journalière d’été qui porte ses fruits!

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