32. Ciels ma ville!

32. et il n’y aurait rien à écrire des ciels de votre propre ville en construction ?

La ville s’ouvre et se referme sur du bleu. Bleu à l’âme et bleus du coeur, azur saignant. Goutte à goutte de chagrin qui tombe parfois des nues. Ciel hautain, moqueur, indifférent. La ville est sans concession, explose et rayonne sous cet azur résistant aux nuages, si souvent. Ombres qui se découpent au sol en réponse aux droites qui jaillissent de celui-ci. Fenêtres mi-fermées où l’on croise ce bleu rieur et moqueur. Réponse au firmament par la mer. La grande bleue. Presqu’un décor, ce bleu, sur lequel on peut voir les découpes élégantes et racées des rochers et des pins. Les tuiles, les enseignes et les hauts d’immeubles. Coupole au-dessus de la cité et de nos têtes, où, à ciel ouvert, les oiseaux rient, volent, dansent. Course des oiseaux. Ils sont au ciel, avec nos disparus et la bonne mère. Ils s’élancent, racés, à perte de vue. Juste ciel! Un petit nuage! Peut être ne fera-t-il pas vraiment beau… Ecchymose blanche et laiteuse, tâche inattendue, coup de pinceau maladroit et raté du peintre de la météo du jour. Est-ce que la teinte du bleu est la même suivant les quartiers? Et le nuage? Où va-t-il choisir de se dissoudre, de disparaître? Voilà que les murs de verres de quelqu’immeuble récent caméléonnent et deviennent eux-mêmes azur à cette heure du jour. Est-ce alors le ciel qui tombe et se déploie? Ou bien le verre qui se dissout et monte au paradis? Bien plus tard, le soleil explose. Offre à ce moment du jour les lignes lumineuses de ses rayons éclatés. Rayons violents, bientôt agonisants sur le côté des murs. Le ciel se fout de la mort journalière du soleil : il survit à la lumière et simplement devient foncé, puis noir. Elle se souvient soudain. Regarder souvent le firmament et ses jolis points blancs et lumineux, la nuit, en écoutant les sans-sommeils dans la maison au jardin. Le mur qui s’endort et disparaît en partie, là-bas, dans l’obscurité. Les crapauds qui chantent peut-être pour la joie du ciel, pour fêter cette nappe noire mouchetée de petits diamants blancs brillants. Quelques aubes partagées avec des amis, souvenir des mots et des rires échangés. Et du mur qui cache et dévore les changements de couleurs de l’aurore. Puis, partir chercher des croissants uniquement à l’émergence du bleu, plus continu, judicieux. Matin. Matin qui émerge. Qui s’impose sans remuer ciel et terre. Matin évidence, qui dure et prépare tranquillement le zénith. Matin qui devient midi. Douzième heure figée dans sa luminosité du Sud, heure qui ignore que le spleen et le chagrin peuvent naître malgré elle et donner alors envie de partir sous d’autres cieux, moins cléments, mais plus heureux. Azur au sang bleu, carotide unique et étalée dont le coeur palpite de lumière. Le port ce jour semble moins vieux, calme et paisible avec le bleu. La ville pétille. En sourdine la colère froide et bleue de ses quartiers Nord est invisible. Le firmament est ce jour une toile étalée teintée d’indigo clair qui surplombe la ville. Bleue et blanche Marseille : ciel et nuage, rocher et mer, écharpe du foot, robe de la Vierge. Teintures régulières, couleurs des schtroumpfs retrouvées ci et là qui rythment et parlent de la cité. Ici, avec la ville, la couleur froide et éclatante de l’azur domine, adoucissant peut-être ainsi la chaleur du soleil. Pigment quasi permanent qui inonde la ville quelque soit le jour du calendrier de l’année. Ciel colorant les souvenirs. Certitude des larmes, et du ciel indifférent, parfaitement bleu.

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici. 

2 Comments

  1. Ce texte lu à voix haute est un délice. Musique.

    1. 😊 oh ciel! Comme cela me fait plaisir.

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