42. Interstices

42. chacun.e a construit par accumulation de facettes un texte long et complexe, mais qui peu à peu prend sa voix et son chemin propre, maintenant on tente de relier par des textes les propositions disjointes

Entre la proposition 10 et 11:

Car là-bas, dans la cité, il y a les appartements de la rue Saint-Pierre et il y a bien sûr dans le douzième, la maison au jardin. Il y a tout ce qui parle d’avant, puis de demain. De moments de l’enfance, de pendant les vacances, de ceux qui passent la voir quand elle vit à Marseille, de ceux qu’elle re-contacte, plus tard, quand elle y revient. Il y a tous ces visages qui font partie de cette ville. Il y a toutes ces facettes de la cité. Et puis il y a le premier appartement, à 19 ans, rue Roger Brun.

Entre la proposition 11 et 12:

Il lui est aisé de voyager dans Marseille, de s’y déplacer, d’y rêver, de se dépayser. Marseille a toujours été pour elle un lieu d’errances, d’observations, d’émerveillements et de questions. Peut-être car elle n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la ville, finalement. Peut-être car elle s’y est toujours senti étrangère, mais en ayant pourtant tant de repères, beaucoup d’habitudes et de lieux chers à son coeur. Monter la rue Nau, arriver à la Plaine, tourner puis redescendre sur Noailles. C’est déjà une traversée, un dépaysement, une de ses aventures favorite avec la cité phocéenne. Elle sait où elle va, et pour cela, il faut emprunter un peu la Canebière, puis passer devant la Bourse. Enfin, le cours Belsunce, saluer l’Alcazar puis elle est bientôt arrivée.

Entre la proposition 19 et 20:

Regarder la mer à s’en user les yeux. C’est le temps de la solitude et du début de l’écriture. Il y a le vent, bien trop de mistral qui fatigue. C’est l’époque des lettres, et des mots qui affirment, l’arrivée de la profondeur, l’apprentissage de la liberté par la prison. Isolement. Penser un jour à s’évader, à quitter. Puis se décider vraiment à partir, à chercher sa place. Se séparer du rêve des autres. Enfin. Dire au revoir à la maison au jardin, aux amis, à la Vierge dorée, un jour, pour aller ailleurs où il y a une vieille dame en fer et où les ciels sont gris. À Marseille, de toute façon, les aïeux sont partis.

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici. 

3 Comments

  1. la dernière partie est intéressante

  2. Toi et Marseille.
    Si j’y étais, je m’userais moi aussi les yeux sur la mer.
    Belle montée en émotion jusqu’au troisième texte.
    L’arrivée de la profondeur, se séparer du rêve des autres.
    Merci pour des mots qui disent.

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