44. Livres enfouis

Cette proposition sera la dernière publiée sur le blog. De fait, il existe une proposition 45 sur laquelle je travaille actuellement. Elle est réalisée par ceux qui souhaitent arriver à cette aventure formidable qui est celle de participer à l’édition d’un livre issu de cet Atelier. Que dire en conclusion de cette aventure… Elle m’a beaucoup stimulée, m’a permis de retrouver ce grand plaisir que j’éprouve à écrire. Elle m’a demandé également d’être extrêmement organisée afin de pouvoir être très régulière pour prendre ce temps. Je regarde la ville, les espaces urbains de façon différente, et cela m’a fait du bien quand j’ai fait de la photo cet été. (Bientôt vous verrez sur le blog de nouveau mes images.) Cela a également relancé mon projet de textes et de photos autour de l’univers ferroviaire. Bref, ce fut un Atelier très enrichissant et très fertile. Je remercie ceux qui ont pris le temps de l’échange autour des textes : c’est toujours très intéressant et précieux d’avoir des retours.  Alors, voici la dernière proposition, et à bientôt pour des photos!

44. prendre un récit avec lequel vous vous sentez affinité, en parler de la façon rêveuse qu’on Gracq ou Proust pour parler de lectures faites autrefois, de livres perdus, ou devenus inaccessibles ; il ne s’agit pas d’une approche critique, mais de rejoindre ce qui se cherche dans ce récit, qu’il y soit parvenu ou non ; exercice en 1 paragraphe monobloc de 8 ou 10 lignes (ou plus) ; puis le même exercice, mais avec un récit découvert via la fonction « hasard » (en haut de page à droite) ; et une troisième fois avec votre propre récit ; on ne nomme pas l’auteur.e ni le titre du projet(c’est important), et on rebrasse les cartes : pas possible de savoir, des 3 paragraphes, lequel concerne votre propre récit : vous serais reconnaissant de votre participation même si vous n’êtes pas allé au bout des 40 propositions ! — document d’appui : Marcel Proust, Journées de lectures, suggestion de lecture : Julien Gracq, En lisant en écrivant ; et prenez votre temps !

Immédiateté d’une certaine directivité. L’écriture est dynamique et force à la lecture, à la rencontre de la fiction. Beaucoup de personnages habitent la ville. De nombreux échanges de conversations dont on ne gardera pas le souvenir, d’ailleurs, au fond. Entendre néanmoins les voix qui claquent, le soleil chaud et retrouver la prosodie d’une langue aimée et rapide. Une lecture qui prend à l’intérieur de soi les couleurs et le son de plusieurs timbres de voix. Une fiction brève et plutôt forte. Il en émergera un sourire intérieur et le plaisir de penser à des amis chers qui parlent aussi cette langue-là. La ville sera oubliée, mais pas l’idée de reprendre sa voiture pour retourner encore une fois voir ses amis-là.

Il y a la douceur et la lumière de la musique des mots. Densité et dépouillement. Tableau sans encadrement, riche d’une certaine expressivité. Des tâches, là, ici, et puis ailleurs. Des éclats de textes qui finissent par faire un tout organisé. Chemins entremêlés, récits superposés. Temporalité brouillée. Beaucoup d’odeur, de sons et de goût. Sensualité de la ville rencontrée. Que garder de ce voyage ? Des impressions, bien sûr, beaucoup. Une légère nostalgie, des chemins à méditer. Une écharpe de brume et la certitude du temps qui passe, des duretés inattendues et des questions posées qui emmènent ailleurs.

Quand la lecture a disparu, il reste cependant les grands aplats de ces mots. Un univers qui se déploie et qui fascine. Il renvoie au différent, à une route inconnue prise au départ malgré soi puis explorée sciemment. Peinture au couteau, nuances de gris qui s’effilochent, pointes de blanc ci et là. C’est cela qui va revenir, après, comme une réminiscence, un parfum. L’arôme des mots. Le rire du vocabulaire, la curiosité du sujet. Partenaire d’un moment qu’on ne veut pas quitter et qui pousse à grandir, à se bousculer, à continuer d’avancer. L’angle du sujet est inattendu, et ouvre l’esprit. Le titille, l’agrandit. Il renvoie ainsi le lecteur vers un futur voyage intérieur. Il lui donne envie de casser ses habitudes, d’aller vers d’autres sujets, différents univers. Oui, après cette lecture, c’est sûr, il faut sortir de ses habitudes.

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici. 

6 Comments

  1. Ce qui est formidable avec ces ateliers, c’est que ça stimule la créativité, bien au-delà de l’écriture. J’ai hâte de lire ta proposition 45 !

    1. À ben pour l’instant ce sont des notes… 😄 mais aujourd’hui je peux écrire !!! Bon par contre plein d’idées. 😊 j’ai hâte aussi de lire la tienne. Très bonne journée à toi.

  2. merci pour ce long voyage à travers les mots…

    1. Et merci d’avoir accepté d’être un passager fidèle de ce long voyage. ❤️

  3. Il n’y a pas à dire, encore une autre belle musique.
    Chapeau pour l’été, Cécile. Et le temps et le coeur mis à la tâche.
    Et merci pour l’arôme de tes mots.

    1. Merci Caroline. Cette 44 m’a bien pris la tête et j’étais moyennement convaincue de ce que j’ai produit. Aussi, grand merci!!! 😄 J’espère pouvoir garder des moments pour écrire car j’adore cela. Mais cela me demande beaucoup d’organisation : entre mon travail de prof de chant et la musique qui « dévorent » déjà bien mon temps, trouver des bulles pour écrire est difficile. De plus, cela ne me fait pas comme la photo, ça m’occupe plus la tête, travaille en arrière -plan. Aussi, plus simple de réserver cela aux grandes vacances. Mais j’ai eu des réclamations pour que cela change et soit plus fréquent, aussi je vais voir si poursuivre mon organisation de ministre est possible… 😄

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