Corps # 12 : le journal du corps

Des fragments sans ponctuation pour dire au plus près la bascule des sensations lorsque le corps s’est contraint à rester immobile, le corps lui-même sujet de la narration et non le narrateur, durée, issue, cause de la situation à déterminer

Expire inspire œil ouvert sur le noir pour mieux percevoir expire suavité de l’air inspire cloison nasale enivrée expire omniprésence discrète et puissance de son parfum de son odeur narines grandes ouvertes inspire nez aux aguets expire

Inspire bras abandonnés relâchés expire cheveux emmêlés inspire corps immobile corps en vallons expire temporalité suspendue inspire corps en vallée corps en éveil expire corps gisant pourtant repus

Inspire dos détendu expire coudes posés cuisses alanguies inspire avoir trois pieds expire avoir deux mains à dix doigts inspire puis surprise souffle dans la nuque qui change imperceptiblement temps qui se suspend corps qui se retourne et le regard qui s’ouvre

Assez vite est née l’idée de la situation. Assez vite j’ai buté sur le choix du corps à faire parler puisque je savais qu’ils étaient deux. Et sur le je, ou sur le il, ou bien le elle. Suis partie d’abord comme pour écrire un poème. Ébauche. Le lendemain transformation en paragraphes. Je ne voulais pas écrire un long texte, je le savais. J’avais envie de tenter un moment de temps suspendu, intense et bref, au creux d’une belle nuit.

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