Construction #16 : personne ne lit les notes de bas de page

Le gigantesque « comme si » pour faire exister le projet de livre même s’il n’existe pas. Comment mettre en chantier cela, même si l’on ne sait pas où l’on va.

QCM avec limitation nécessaire en vue d’une réalisation potentielle

1. Commencer le roman par la scène avec le personnage du facteur ?

2. Roman qui se construit en saynètes de tailles diverses? (Cf « le moindre des mondes » de Sjòn)

3. Ne pas dévoiler les causes de la mort d’Hortense dans le roman. Elle est un personnage complexe de par son histoire, ses choix et ces deux hommes présents dans sa vie qui sont frères. Cela suffit en soi. Connaître les causes de sa mort affaiblirait le personnage comme le récit. Ouverture à l’imaginaire pour les lecteurs ?

4. Développement à réaliser : le personnage secondaire du déménageur, celui qui mange le jambon beurre. Un basique, vraiment pas important pour le roman en tant que personnage. Mais en décentrant l’attention du lecteur du trio des personnages principaux, il peut nous permettre d’y replonger un peu plus tard avec encore plus de force.

5. Quel lieu est déménagé ? Quand ? Pourquoi ? Lien avec le décès ? Ou plutôt avec l’arrivée en France d’Hortense ? Ou arrivée dans l’enfance dans le voisinage des Frampin? Que nous apprend ou apporte ce déménagement dans l’histoire du trio ?

6. L’enterrement d’Hortense doit-il exister dans le roman. Si oui, présences ou pas de personnes de sa famille du Portugal. Jusqu’à quel point a-t-elle rompu avec eux ou eux avec elle ?

7. Ne surtout pas écrire sur ce qui a crée le rapprochement et fait éclater le désir entre Hortense et son beau-frère. Ce n’est pas important. Cette situation d’adultère est un fait, un lien connu par le lecteur, et inconnu pour l’un du trio. La situation raconte déjà en elle-même les failles existantes au sein de ce trio, failles ouvrant naturellement à cette liaison. Cela suffit. Et c’est cela qui est intéressant. Et dérangeant. (?)

8. Évoquer un week-end des amants surtout sans sombrer dans le roman d’amour. Se rappeler de ne pas être en empathie, pas non plus en jugement. L’adultère est évoqué en ce qu’il pose question, révèle, certainement pas pour y trouver une réponse ou une justification. Lieu de rencontre de ce week-end : différent des Puces du départ, oui.

9. Retravailler la scène des Puces (qui ouvre le roman ?) : on n’y reviendra pas. Mais au fur et à mesure du roman ce lieu doit se dessiner comme ayant été celui d’un moment partagé extrêmement heureux, intense. Raison pour laquelle l’amant y retourne malgré lui. Peut-être celui où l’adultère est né ?

10. Le mari. Présent plus franchement ou en filigrane ? Un peu pâli, effacé dans le trio comme dans le livre ?

11. Trouver un métier qui utilise la langue des signes.

12. Hortense : femme au foyer ? Mi-temps ou un peu plus ? Bénévole ? Quel métier ? De toute façon pas à temps plein. Note de la note : important pour moi de le savoir, pas forcément à faire connaître.

13. Roman sur un temps, sur un ou des moments donnés. Autour d’un événement (le décès) ? Roman de l’obscur au sein de ces 3 vies touchées par ce décès. Ne pas résoudre les situations relationnelles entre les personnes ? L’écriture en tant que telle doit-elle amplifier ce choix, ce biais, cet angle ? Ou est-ce simplement la construction méticuleuse qui le permettra ?

14. Que d’ambitions…

15. Faut-il faire parler encore ou même plusieurs fois la morte ?

16. Évoquer la relation entre les deux frères pour laisser entrevoir la faille relationnelle qui permet que le frère ( Aîné ? Cadet ?) s’autorise à devenir l’amant de sa belle-sœur. À quel âge apparaît la faille? Vacances scolaires ? Intra familial ? Autre ?

17. Faut-il évoquer la compagne de l’amant ? Quel intérêt ? Personnage secondaire de toute façon.

18. Tu veux vraiment encore te poser des questions ? Y’en a déjà beaucoup, non ?

19. Trouver une cohérence, des glissements, une construction pour arriver à des passages d’écriture un peu plus créatif? Ou les réserver à d’autres travaux ?

J’ai été captivée immédiatement par ce travail à réaliser. Cette proposition est arrivée très naturellement pour moi, pile au bon moment. En effet, les questions de l’omniscience, des non-dits, des pourquoi choisir plutôt cela ou cela m’ont fortement habité et agité dans cet atelier, au fur et à mesure que je travaillais à essayer de composer un puzzle cohérent de toutes ces propositions… tout en gardant des espaces vides pour mieux le construire et/ou le réaménager. Poser les interrogations qui me travaillent m’a fait du bien. C’est une méthodologie que je vais retenir et employer de nouveau. Je l’ai fait très honnêtement, avec cette façon de me parler à moi-même qui existe vraiment quand je liste quelque peu pour avancer dans mon travail, ou que je me prépare un emploi du temps précis pour faire face à un travail (ou une période de travail) intense.

Et pour connaître les autres contributeurs et leurs propositions, c’est Ici.

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