Lyon, un jour d’hiver.

Lyon, un jour d’hiver. Semi allongée sur le lit. Son profil d’homme se découpe sur la fenêtre. Le contre-jour efface les traits de son visage. Semi-apaisée, certes. Mais le silence de la pièce rend chaque détail plus perceptible. Un néon rouge, par intermittence éclaire cette chambre, anonyme. Au fond, encore derrière, tu remarque que la neige commence à tomber. Il te tourne le dos. Il lance la bouilloire pour faire une boisson chaude. Le petit bruit de l’eau qui chauffe envahi progressivement le silence et prend toute la place. La neige qui tombe, à l’extérieur et qui semble comme éteindre…

Crash

Le ciel de la nuit, d’un ébène sans avenir, toujours, à l’heure où l’insécurité devient trop lourde. Le ciel sombre, amer, pesant, même quand la douceur de la nuit affleure. Réminiscences. Macha et sa voix. Les sans-sommeil. Le parfum sordide de la confiance trahie. Fièvre de la terreur, sans aucune main pour caresser le front. L’instant du choc. Impact. La seconde exacte où l’inexprimable va naître. Les kilomètres de mots pour essayer de redevenir comme avant. L’impossibilité. La rage, froide, comme une maladie honteuse. Morsure. L’ incarcération involontaire, à l’âpreté lourde de conséquence. Le ciel de la nuit, d’un ébène…

Petit matin

Partir au petit matin et traverser la ville. L’air est frais et pique un peu, juste comme il faut. Ne croiser presque personne, c’est encore le temps des vacances. Trop de commerces fermés, et puis à cette heure qui aime marcher dans la ville? Traverser le parc et évoquer tant de moments du passé, tant de moments passés à marcher avec un chien qu’on adorait. Le revoir si joyeux et si libre; le souvenir de son incroyable vitalité. Sa taille, parfaite, qui permettait de lui caresser la tête sans se baisser. Un chien ergonomique, en somme. Avoir arpenté la ville et…

Un gelato al limon

Le lac est brumeux, la lumière boude lors de ce premier jour de voyage en Italie. Cela fait un petit moment que je n’ai pas consacré de temps à la photographie de voyage: en moi je retrouve mon idée de revenir en Islande pour voir mes amis si chers, et puis aussi pour offrir un meilleur regard, bien plus relié, tellement plus ancré à ce qui me touche et me parle dans mes voyages intérieurs, dans mes ailleurs qu’ils soient géographiques ou non. C’est en Italie que je repense à l’Islande, c’est en Italie qu’encore le sommeil me fuit. Depuis…

Nocturne

1999 ou 2000. Quelque part dans le Sud. Elle gare sa voiture. Sort de celle-ci. C’est la nuit. Le silence et la beauté de celle-ci font soudainement, brutalement taire le cri constant, permanent, en elle, de la confiance cassée. Tant d’année après, elle s’en rappelle encore comme si c’était hier; elle s’était assise sur le banc, devant la petite maison et elle avait écouté le silence. Elle pouvait vivre un plaisir neuf, à être là, simplement, posément, encore vivante, au coeur de la nuit, en dessous des étoiles; il y avait les odeurs douces de la nature, à peine quelque sons…

L’âge du peut être

14h18, c’est l’heure où elle a décidé de céder de nouveau à son désir d’écrire. Après une longue matinée vagabonde où elle a laissé glisser le temps; où elle n’a finalement que très peu réalisé de ce qu’elle avait décidé, pourtant, la veille, de faire. Elle a rêvé, beaucoup; quelque peu échangé avec des amis par écrit ou bien au téléphone; ôté les plumes trop nombreuses parsemées sur le sol de sa chambre, et décidé qu’elle prendrait un autre jour la décision finale concernant ce vieil oreiller troué qui avait transformé le lieu du sommeil en une sorte de nid…

Envol

Finalement, elle ne sait pas trop pourquoi c’est ce jour-là qu’elle a fini par ne plus résister au besoin d’écrire. Il y a eu cette minute où elle est allée se faire un café; en levant la tête, derrière la vitre, il y avait le saule pleureur et un merle qui sautillait. L’air qui circule dans la pièce, c’est comme un parfum qui parle bientôt d’été. Manie de ne pas supporter l’enfermement, tout est vite ouvert chez elle, elle a besoin de l’air qui circule, qui caresse, qui bouscule les fenêtres; elle a pensé, accepté que tout était différent et…

On the road

J’aime bien quand je voyage prendre des photos lors du déplacement d’un lieu à un autre. Le moment du voyage n’est ni ici, ni là. Le temps du déplacement est un espace particulier, un lien qui relie étrangement ce que l’on quitte à ce vers quoi l’on va. Il y a une sorte d’irréalité, on est entre deux mondes; immobile et cependant en déplacement. Le temps n’existe plus vraiment à être entre deux lieux. C’est dans ce temps étrange que j’ai commencé à faire des photos. Train,car… A l’époque, fin 2010 puis en 2011 (c’est à dire peu avant et…

C’est bientôt Noël

C’est bientôt Noël. On croise des nez et des joues rougis par le froid, et puis des Pères Noël habillés aussi en rouge. Les enfants ont les yeux qui brillent comme en écho aux illuminations des villes et des décorations des vitrines, comme si des bouts d’étoiles avaient éclos dans leurs yeux. Quand il fait beau, on rêve de neige. Quand il neige, on regrette qu’il ne fasse plus beau. Parce que c’est pas toujours bien pratique pour aller en ville à la recherche des cadeaux. Les cadeaux et Noël… à la fois c’est ce qui en fait le charme,…

Les valises

Il y a ce moment où vous allez devoir faire votre valise. Finalement, même si ce n’est pas très agréable, c’est cependant déjà le début des vacances, du départ. Fera-t-il beau? Qu’est il prévu de faire là-bas, déjà? Qui vais- je voir pendant mon séjour? Et puis vais je avoir le temps pendant le voyage de lire, ou de finir de lire ce livre auquel j’aspire à donner du temps depuis un bon moment? Vais je préférer regarder et faire des photos dans le train? J’adore faire des photos de trains, de gares, du voyage dans le sens du déplacement d’un…

Ecopôle du Forez, 15 juin 2013

Un jour de juin. Un très beau temps. Une jolie conjonction entre le soleil, une amitié, et un désir de promenade partagé. Un moment qui se déroule d’abord avec un passage au marché. Des paires de cerises qui s’inscrivent en boucles d’oreilles, des petites voix flûtées, des rires… On grignote, après. Départ pour marcher. Le long de la Loire, des évocations d’autres ballades, on parle de tout et de rien, on marche, c’est bien. C’est bien aussi d’oublier de faire principalement des photos, c’est bien, juste, de marcher. Il y aura à un moment  l’eau, la lumière, la chaleur, les…

Les roses de mon jardin

Il y a eu cette première maison, il y a 15 ans désormais. La terre qui sent la noisette au coeur de la ville aux couleurs de bitume et de bleu. Ici, il y a cette deuxième maison, chaleureuse et lumineuse, atypique, au coeur de cet endroit où j’ai fini par me poser. Parmi mes plaisirs que je n’arrive pas à qualifier de minuscules car ils nourrissent précieusement mes journées, il y a ces moments où je traverse le jardin pour m’occuper des roses. Je m’arrange toujours pour allonger ce moment en commençant par faire mon tour sans le sécateur pour…

Printemps mélancolique

Voilà, c’est ainsi. Cette saison qui éclate, vivifie Cette saison orgueilleuse qui nous nargue et nous énergétise Cette saison des amours qu’est le printemps Cette année a une allure étrange. Ces fleurs qui émergent malgré la pluie, lentement, sont sans orgueils. Certaines, même, éclosent têtes basses. Quelquefois, je remarque que certaines boudent et restent fermées, tant le soleil leur manque. Les parfums qui devraient nous enchanter, je les ai oubliés. Le lilas de l’entrée de mon jardin, pourtant, a fleuri. Il y a les jours où j’arrive et où j’entre dans le jardin tête basse, comme dans une ultime tentative…

J’aime pas.

J’aime pas les habitudes. Je trouve agaçant cet idée que je ne saurais dormir que d’un côté du lit, ou bien de ne boire que du thé le matin. Ou bien de ne pas pouvoir boire mon café de midi sans un morceau de chocolat. J’aime pas les habitudes. Mais quand tu me téléphonais tard la nuit après ton service, et ben celle-ci je l’aimais beaucoup. Même si je devais attendre longtemps. J’aime pas les habitudes, mais me lever, me jeter dans mes habits et partir marcher le matin avec mon chien en ramenant du pain frais, j’adorais cela. J’aime…