2 : un parpaing de phrase

Un bloc d’un seul paragraphe sans ponctuation, où un mot est choisi pour revenir de façon obsessive PAS grand chose Entendre le bruit de ses PAS sur le sol sur le son PAS à PAS comme peu à peu un envahissement une musique qui progresse et habite l’espace PAS affirmés au moins pointure 45 petits PAS en arythmie parallèle PAS qui associent une voix flûtée et un timbre malicieux PAS sur le sol PAS qui font sonner la terre de l’allée du jardin et le bruit des PAS qui s’arrête oui PAS qui deviennent silencieux juste devant la porte « Non,…

1 : une phrase, des sols

Et voici que l’aventure de l’atelier d’écriture d’été est repartie. Bienvenue dans cette première proposition, en une phrase, qui vient revisiter notre biographie par les sols rencontrés depuis l’enfance. Mise en jambe, en langue en ce démarrage d’atelier. Regard attentif, présence douce, étrange comme quelquefois elle s’allonge contre lui -c’est le cas aujourd’hui- mains sur le côté du corps, puis croisées sur le ventre, jambes allongées, puis pliées ; il sait et connaît ce rituel récurent et régulier depuis qu’elle chante ; ce chant lui plait, il l’accueille, en apprécie la caresse et aime le nourrir en offrant tant et…

Proposition 10

Une autobiographie de l’autre avec vous-même écrivant dedans. Proposition finale, nouvelle en 4000 mots. 4000 mots, cela fait un espace d’écriture conséquent sur une page de blog. Diviser la nouvelle en plusieurs épisodes est bien entendu possible, j’y ai songé, mais ce n’est pas non plus vraiment très long à lire, 4000 mots. Aussi je vous suggère de la découvrir via le site de François Bon, c’est à dire Ici. Et pour découvrir les autres contributeurs et leurs propositions, c’est ici .

Proposition 9: Apocryphes

Source de l’apocryphe : Françoise Durif , un extrait de sa proposition 1 La petite boîte cabossée et rouillée délivre son parfum, et protège nos lettres. Son parfum, étrange entre tous – exotique est encore un mot trop neuf- imprègne le papier protégé par les enveloppes. Le souvenir de notre amour est ainsi mêlé à l’odeur du vieux fer. Mille fois ouverte, par cette boîte j’ai alors pensé à toi, à nous, et la boîte refermée par les mains du présent, mouillées, aillées, savonnées me remémorait néanmoins les odeurs conjuguées de nos corps, comme si celles-ci étaient prises dans la…

Me revoilà !

Et oui, ça fait un bon moment que je n’ai rien posté par ici. Plusieurs raisons à cela : Peu de temps libre pour les loisirs artistiques donc…. peu de matière à faire des articles récurrents. Beaucoup de cogitations par contre qui ne se sont pas encore incarnées. En effet, ce n’est pas parce que je ne produis pas que mon esprit et ma créativité sont en sommeil. Mais ce lieu est pour moi un endroit où je ne souhaite pas arriver avec tout et n’importe quoi. Aussi, après quelques années d’existence de mes Carnets d’imaginaire, je préfère un silence…

Proposition 8 : Jacques Roubaud

À propos de Jacques Roubaud, vies brèves en hors champ Louison Zampa Née à Blénod-les-Pont-à-Mousson en 1950, Louison Zampa (de son véritable nom Steinbock), aimait dessiner depuis toujours. Et détestait la sidérurgie à laquelle elle voulait échapper à tout prix. Mais quand elle est devenue mère involontairement vers 1971, le père de son enfant n’a pas eu d’autre choix que de travailler à l’usine de fonderie du coin. Le couple recevait quotidiennement le journal. C’est un jour où elle a vu son fils faire des boules de papiers avec des feuilles du journal et puis les réouvrir qu’elle a décidé…

Proposition 7: Virginia Woolf

À partir du journal de Virginia Woolf, contexte de l’écriture. Ma tête est en recherche. D’une idée, d’une amorce, d’une sorte de plan pour le texte à venir. Ça travaille, en fond. En ramassant le bois pour le poêle, en préparant puis en faisant le feu, en tournant la cuillère dans la casserole où la soupe se réchauffe. « Ça » se cherche. C’est plus ou moins défini. « Ça » bosse dur au dedans. Finalement, quelques notes seront posées dans le grand cahier à la couverture cartonnée rose à rayures blanches. Avec le premier stylo venu, trouvé sur la table ou dans une…

Proposition 6 : Robert Walser

À partir de « Vie de poète » de Robert Walser, écrire sans sujet. On peut lire « c’était ». À la base, ici, au coin d’une pliure. Un mot qui surgit du tableau, si on sait regarder. Du journal collé, des couleurs déposées. Puis : « c’était ». Impossible de remarquer le mot si l’on ne détaille pas le tableau avec attention. Il est petit, discret. Il faut d’abord remarquer la montagne, les crêtes, le vent qui explicite le dénuement de la dune. Oui, la montagne est en fait une dune. Et puis alors tout au bout du trajet effectué par l’oeil surgit ce mot,…

Proposition 5 : Sarraute

D’après Sarraute, scénographie des voix. Une voix d’enfant. Féminine, fine, souple, au timbre qui s’envole dans l’aigu. Une voix à l’amplitude émotionnelle importante. Qui peut passer rapidement du rire aux pleurs. Du calme à la tempête. Le bruit soyeux des courses sur le gazon. Sa voix à lui qui résonne et envahit l’air quand il crie de joie, quand il s’amuse follement. Ils ont 8 ans. Visages ouverts. Œil pétillant. Bouche moqueuse. — Alleeeez. Pousse moi… Moue boudeuse. Lèvres un peu gonflées sur le côté par l’air amassé dans le bord des joues. Lui qui souffle. Ronchonne. — Mais ça fait…

Proposition 4 : duras, quatuor à dire

1) Lieu réel et sa poétique 2) Enquête 3) Fondement autobiographique de la démarche 4) À quoi cela rapporte en soi-même et objet en perspective Une route qui tourne, et des phares qui la dévoilent. Bitume fatigué, tout comme celui qui conduit la voiture blanche. On est au cœur de la nuit. Il fait humide et de la brume apparaît, s’immisce ci et là. Plus il avance dans la rue principale, plus la brume devient présente en nappes flottantes, damier fantasmagorique au-dessus du sol, à des hauteurs diverses. Il se dit que les vieux fantômes l’accueillent. Feu rouge. Voilà que…

Proposition 3 : quand Kafka s’amuse

Choisir une histoire que tout le monde connaît. La raconter, puis la décliner en trois renversements. C’est l’histoire d’une très jolie jeune fille, fort bien élevée. Sa grand-mère l’adore, au point de lui avoir fait faire un charmant chaperon rouge. Justement, la jeune fille va rendre visite à son aïeule, lui apportant un morceau de galette et un peu de beurre. Dans la forêt, elle rencontre le loup. Elle parle avec lui et lui donne toutes les indications pour aller chez sa mère-grand. Le loup s’y rend illico, et mange la vieille dame. Il tend ensuite un piège au petit…

Proposition 2 : écriture avec écrivain

Fragment d’un livre sans début ni fin, avec un écrivain exquis. Un homme exquis également. Un homme qui pensait être paresseux. Je l’ai rencontré dans le café de mon quartier, son éternelle cigarette au coin des lèvres. Un ami commun nous a présenté, il savait que nous avions en commun la passion de faire des collages. Je n’osai rien dire au tout début de la rencontre, fort intimidée. Alors j’ai pris un œuf sur le comptoir, et tout en le dépiautant, je me demandais si sa fille allait mieux. Avoir une fille anorexique est bien difficile. Elle a un appétit…

Atelier d’écriture d’hiver : ça commence ici.

Alors voilà, j’hésitais et puis finalement je me suis lancée. Donc c’est reparti pour un Atelier d’écriture en hiver avec François Bon. Thématique : « En 4000 mots – Recherche sur la nouvelle « . Première proposition : des images mentales. Partir à la rencontre de trois images mentales, en trois paragraphes indépendants. 1. Un arbre, à la fois droit, allant vers le ciel, et qui pourtant semble attiré vers le sol. Sur le bitume gris sombre des lignes blanches consécutives, larges, verticales. De part et d’autre de celles-ci des rebords qui emmènent sur des trottoirs. Au-dessus, des lignes horizontales noires, fines,…

44. Livres enfouis

Cette proposition sera la dernière publiée sur le blog. De fait, il existe une proposition 45 sur laquelle je travaille actuellement. Elle est réalisée par ceux qui souhaitent arriver à cette aventure formidable qui est celle de participer à l’édition d’un livre issu de cet Atelier. Que dire en conclusion de cette aventure… Elle m’a beaucoup stimulée, m’a permis de retrouver ce grand plaisir que j’éprouve à écrire. Elle m’a demandé également d’être extrêmement organisée afin de pouvoir être très régulière pour prendre ce temps. Je regarde la ville, les espaces urbains de façon différente, et cela m’a fait du…

43. Frontière close & ouverte

43. phrase clé : ce qu’il vous resterait à écrire –- à la fois comme une coda ou un prolongement vers le livre possible, mais surtout parce qu’en nommant ce qui n’a pas été écrit on remultiplie les échos intérieurs dans la limite même que constitue le texte déjà écrit Bien sûr, on pourrait parler encore si longtemps de Marseille et de ce qui n’a pas été. Évoquer la mer et puis ce qui aurait pu être. Écrire sur la perte, sur les rochers blancs, sur ce qui est mort là-bas. Décrire des pins. Pleurer sur ce qui a été détruit….

42. Interstices

42. chacun.e a construit par accumulation de facettes un texte long et complexe, mais qui peu à peu prend sa voix et son chemin propre, maintenant on tente de relier par des textes les propositions disjointes Entre la proposition 10 et 11: Car là-bas, dans la cité, il y a les appartements de la rue Saint-Pierre et il y a bien sûr dans le douzième, la maison au jardin. Il y a tout ce qui parle d’avant, puis de demain. De moments de l’enfance, de pendant les vacances, de ceux qui passent la voir quand elle vit à Marseille, de ceux…

41. Entre doubles crochets

41. sur une de vos précédentes contributions, travail d’expansion interne, façon W de Georges Perec Travail réalisé sur la proposition 1 : Quand elle était revenue, la première chose qu’elle avait vu c’était ce mur. [[ Lisse, neuf, et d’un rose discret. ]]  Sur le côté du chemin. À gauche. Il y avait désormais un mur. Voilà. La maison était désormais fermée au regard, protégée, [[ entourée. ]] C’est ce que cela lui évoquait, [[ ce mur enduit d’un rôle pâle. Cette protection, ]] cette transformation qu’elle avait [[ tant ]] espéré pouvoir réaliser à l’époque. Et puis étaient venues les questions…

40. Limite

40. Trouver un endroit, même minuscule, qui symbolise exactement les confins de la ville — le faire exister comme s’il la contenait toute Être les pieds dans l’eau, dans la mer, avancer tout droit devant, vers l’horizon. L’eau arrive à la cheville. Sous les pieds le sable est ondulé, c’est à la fois agréable et un peu désagréable. Il faut marcher pas mal pour essayer d’avoir une progression concrète, et que l’eau soit un peu plus haut sur le corps, vers le genou, voire un peu au-dessus. Se retourner alors et regarder la plage. Observer. Beaucoup de gens. Certains sont…

39. Chantier

39. Exercice libre, en pensant à Julien Gracq évoquant le trou d’avant la construction de Beaubourg : le réel dans l’instant de sa transformation, image d’un chantier Un jour, elle s’est rendu compte que le U au coin de la rue Vitalis et de la rue Saint Pierre était fermé. Avec cette fermeture, elle a pensé aussi à la disparition des consignes de limonades. Et pourtant, cela faisait bien longtemps qu’il n’était plus question de consignes. Et pourtant, le U était fermé depuis des lustres. Mais là, étrangement, bien que les moeurs aient changé depuis des années, qu’un Super U…

38.Jamais dire jamais

38. en adieu à Cendrars, depuis son texte programmatique « le roman que je n’ai jamais écrit », 10 à 15 titres ou résumés en 2 lignes de livres possibles (ou pas) sur la ville dont vous parlez Ce serait bien d’avoir une place sur un meuble, par exemple dans la maison au jardin. À cet endroit il y aurait un grand pot de céramique blanche, d’un blanc pas trop éclatant, tirant vers le crème, faisant un peu asiatique, mystérieux, avec quelques lignes ci et là sur la surface du couvercle, mais à peine, un pot si simple qu’il pourrait presque…

37. Enfilades

37. à partir de Blaise Cendrars, traversée continue de la ville par les intérieurs Laisser voler son regard au-dessus de la ville, comme si on était un gabian rieur. Tourner, virer, frémir du plaisir du vent, découvrir et rêver. Là une cuisine où s’empilent les assiettes sales, grandes et petites, d’un repas d’amis de la veille. Trop de verres sur la table, certains encore avec un peu de liquide rouge dedans. Du pain coupé dans une panière, sèche, oublié. Un livre à la couverture jaune caché derrière des serviettes entassées, en désordre. On arrive à lire « çale », « boul » et « sel » sur…

36. Du lointain

36.  on reprend à nouveau par copier/coller le texte de la 34, mais on le réécrit comme s’il s’agissait d’un « pays lointain » (Michaux), d’une ville totalement inconnue ou rêvée : ça change quoi, alors, au texte ? C’est comme un sandwich: Autoroute Nord, des quartiers, et autoroute du Littoral de l’autre côté. Au coeur du sandwich : la carrière de Saint Antoine et sa tuilerie. Imaginaire de poudre orange, d’ondulations pour les toits, de traditions de savoir-faire et métiers de Provence. Un espace d’une autre époque qui est devenu un grand parc. Le plus grand espace vert dans…

35. Anticipation mais pas trop

35. Reprendre par copier/coller le texte précédent, mais le décaler un tout petit peu en avant dans le temps, le moins possible ! Le Nord de la ville est toujours un sandwich: Autoroute Nord, des espaces urbains, et autoroute du Littoral de l’autre côté. Au coeur du sandwich : « le Grand Littoral ». Toujours le plus grand centre commercial de la région PACA. Des défauts de construction et quelques fissures sont apparus dans le gigantesque Carrefour. Il y a même un endroit où le terrain est instable. Un restaurant rapide de Tacos a rejoint MacDo, BurgerKing et les autres. Des boutiques…